Journaux de bord
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2008-08-04
Nos nouvelles coéquipières, Mélanie et Geneviève, sont arrivées en Nouvelle-Zélande depuis la dernière semaine de juillet.   ~suite
2008-07-24 : De retour à l’eau (Éric Privé)
Enfin!! Nous sommes à l’eau, l’élément naturel pour un voilier et son équipage.   ~suite
2008-07-08 : Le tour de l’île (Pascale Otis)
Nous avons finalement eu la chance d’aller visiter un peu la Nouvelle-Zélande. En fait, j’avais décidé de prendre une semaine pour me changer un peu les idées et voir du pays, mais Éric avait lui aussi grand besoin de se reposer des travaux du voilier et a fini par prendre la décision de m’accompagner.   ~suite
2008-06-25 : Une heure à l’eau (Pascale Otis)
Nous avons enfin mis le voilier à l’eau... pour une heure. Notre bonheur s’est vite éteint lorsque nous avons constaté qu’une des valves qui perce la coque coulait. L’eau rentrait un tout petit peu, mais assez pour devenir éventuellement un grand problème.   ~suite
2008-06-12 : Parturient montes, nascetur ridiculus mus
Nous travaillons toujours sur le voilier. Naitra-t-il une sourisde la montagne de tâches qu’il nous reste à accomplir ?La Fontaine auraitpeut-être su trouver unebonne morale à notre histoire. Pour l’instant, nous poursuivons notre travail sur le Whistler. Voici les nouveautés de la semaine...
2008-06-02 : Mars, avril, mai, juin...
2008-05-25 : J’ai 6 ans (par Pascale Otis)
Enfant, nous avons tous été fascinés par les contes. Perchée en haut de l’échelle avec un morceau de fromage, comme le Corbeau dans la fable de La Fontaine, j’écoutais ce matin Éric m’indiquer le plan de la journée : le sablage et le vernissage seront au menu pour moi aujourd’hui. Je lui ai lancé une moitié du morceau de fromage et j’ai mangé l’autre.   ~suite

2008-04-27 : « À mes enfants » (Pascale Otis)
Les travaux sur le voilier avancent très lentement. Nous avons décidé d’arrêter de nous presser et de remettre Whistler à l’eau un peu plus tard. En attendant, mes parents sont partis faire le tour de l’île du Nord en voiture et nous ferons nous aussi un petit tour sur l’île du Sud avec les deux pieds sur terre dans les prochaines semaines. Mais avant, nous voulons terminer quelques petites choses qui prennent toujours plus de temps que prévu...   ~suite

2008-04-06 : Quand est-ce qu’on part ?
Ma mère en avait assez de se faire demander « Qu’est-ce qu’on mange » à Québec. Elle a donc décidé de se venger et de demander, à chaque jour « Quand est-ce qu’on part ? » pendant sa visite sur le voilier.   ~suite

Troisième partie du grand calcul des gaz à effet de serre
La semaine dernière, j’ai présenté le calcul de notre production de gaz à effet de serre (GES) pour l’année 2007. Cette semaine, nous allons considérer la production de GES de deux de mes amis, Jacques et Bryan...   ~suite

Notre production de gaz à effet de serre (deuxième partie)
La semaine dernière, je vous ai présenté comment nous avons réduit par moitié notre consommation de diesel pour recharger les batteries (accumulateurs) du voilier.   ~suite

Le monde de DÉFI QUÉBEC MONDE
Il y a maintenant un an, Défi Québec Monde a démarré lorsque Pascale Otis s’est jointe à l’équipage du Whistler. Après 2 années de navigation pendant lesquelles j’ai été à même de constater les dommages que l’humanité peut infliger à la planète, nous avons décidé, à la suggestion de Pascale, d’utiliser notre site Internet pour éveiller la conscience écologique et pour promouvoir l’environnement auprès de ceux qui le consulte.   ~suite

Pascale Otis et Éric Privé présentent une conférence sur leur traversée du Pacifique en voilier
Défi Québec Monde (www.defiquebecmonde.com) est une équipe de Québécois passionnés d'aventure, d'écologie et de vulgarisation scientifique. Ils reviennent maintenant d'un voyage de plusieurs mois en mer à bord du Whistler, un voilier de 13 mètres. Cette année, l'équipage est allé à la découverte des îles du Pacifique qui sont affectées par les changements climatiques.   ~suite

2007 Journaux de bord

26 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2007 AU MILIEU DES GRATTE-CIEL
12 AU 25 NOVEMBRE 2007 NOTRE ARRIVÉE EN NOUVELLE-ZÉLANDE
5 AU 11 NOVEMBRE 2007 LA SUITE DE LA TRAVERSÉE VERS LA NOUVELLE-ZÉLANDE
29 OCTOBRE AU 4 NOVEMBRE 2007 CAP VERS LA NOUVELLE-ZÉLANDE
22 AU 28 OCTOBRE 2007 NOS DERNIERS MOMENTS À BORD DU WHISTLER
15 AU 21 OCTOBRE 2007 DES VOYAGEURS AUTONOMES
7 AU 14 OCTOBRE 2007 LE CHOC DES MODES DE VIE
30 SEPTEMBRE AU 7 OCTOBRE 2007 DEUX DE MOINS, DEUX DE PLUS
24 AU 30 SEPTEMBRE 2007 LES TROIS SIRÈNES
17-23 SEPTEMBRE 2007 LES SECRETS BIEN CACHÉS DE TONGA
10 AU 16 SEPTEMBRE 2007 VOYAGE DANS LE TEMPS
2 AU 9 SEPTEMBRE 2007 LA VIE AVANT LA MORT DU CORAIL
27 AOÛT AU 2 SEPTEMBRE 2007 LES SAMOA - DEUX VOISINES TRÈS DIFFÉRENTES
20 AU 26 AOÛT 2007 LE TEMPS DU RAVITAILLEMENT
13 AU 19 AOÛT 2007 NIUE, L'ÎLE FANTÔME
6 AU 12 AOÛT 2007 LA CABANE À SUCRE AU MILIEU DU PACIFIQUE
30 JUILLET AU 5 AOÛT 2007 NOS DERNIERS JOURS À PALMERSTON
23 AU 29 JUILLET 2007 COMME CHEZ LES ROMAINS À PALMERSTON
16 AU 22 JUILLET 2007 PALMERSTON, PRESQUE LE PARADIS
8-15 juillet 2007 La suite de nos mésaventures
2 AU 8 JUILLET 2007 UNE TRAVERSÉE MOUVEMENTÉE!
18 AU 24 JUIN 2007 TAHAA, L'ÎLE DE LA VANILLE
10 AU 17 JUIN 2007 LA GRANDE SÉDUCTION
> Lisez les questions du public que nous avons sélectionnées cette semaine!
3 au 9 juin 2007 Bora Bora (suite)
28 mai au 4 juin 2007 La naissance d'un lagon
21-27 MAI 2007 BORA BORA
2007-05-20 UN MOMENT INOUBLIABLE...
> Cliquez ici pour lire les questions et les réponses !
7-13 mai 2007 Tahiti et Moorea
26 AVRIL AU 4 MAI 2007 UNE TRAVERSÉE DE L'ENFER
  > Cliquez ici pour lire les questions reçues des enfants cette semaine !
16-22 AVRIL 2007 À LA DÉCOUVERTE DE MANGAREVA, POLYNÉSIE FRANÇAISE
  > Cliquez ici pour lire les questions et les réponses !
9-15 AVRIL 2007 L'ARCHIPEL DES GAMBIERS
1-9 avril 2007 À la découverte des îles désertes
26 mars-1 avril 2007 Départ de l'île de Pâques
2007-03-26 LA SUITE DE NOS AVENTURES SUR L'ÎLE DE PÂQUES
12-18 mars 2007 Rapa Nui ou l'île de Pâques
5-11 mars 2007: Transit vers l'île de Pâques
Nous avons quitté l'île de Robinson Crusoé le 28 février. Notre destination : l'île de Pâques, à un peu plus de 3 000 km (1 622 miles nautiques).

Les traversées en mer peuvent être autant agréables que désagréables. Notre confort dépend évidemment de Mère Nature. Trop de vent, pas assez de vent. Vent d'arrière, de devant ou vagues de face. Lorsqu'on voyage sur un voilier, il ne faut surtout pas être pressé par le temps. Il faut plutôt apprendre à apprécier chaque moment et donner raison, en tout temps, aux éléments naturels. Rien ne sert de se battre contre des forces qui sont de beaucoup supérieures à nos moyens.

Les vents ont été favorables à notre progression pendant les premiers jours pour ensuite se calmer et même changer complètement de direction. N'étant personnellement pas du tout pressée, je me suis en fait réjoui du manque de vent et de la possibilité de baisser les voiles pour arrêter complètement le voilier en plein océan, car c'était le temps d'une bonne baignade. La température de l'eau avait augmenté en notre faveur pour atteindre les 28°C. Un, deux trois : tout le monde à l'eau ! Éric a même joué à Tarzan en transformant l'une des drisses en liane pour se balancer par-dessus bord. Personnellement, je me suis contenté de sauter à l'eau avec ma bouteille de shampooing pour me laver un peu.

Quelques jours plus tard, le 10 mars, c'était l'anniversaire d'Angelo. Monsieur nous avait commandé rien de moins que de la poutine pour son repas d'anniversaire. Facile à dire, mais comment faire sur un voilier en plein océan ? Nous avions des pommes de terre, de la sauce au poivre et du fromage. Avec un peu d'imagination, ça goûtait presque la poutine et c'était en fait excellent.

Pendant notre séjour en mer, nous avons aussi eu le loisir d'observer plusieurs poissons volants qui venaient s'échouer sur le pont. J'ai même mangé le plus gros, au grand dégoût de mes deux collègues qui n'arrivaient tout simplement pas à croire que j'allais réellement ingérer cette créature qui dégage des odeurs assez particulières. Mais en manger un n'était rien à côté de la surprise d'Éric lorsqu'un poisson volant est passé par la fenêtre laissée entrouverte et est atterri sur son lit en plein milieu de la nuit. La bête ayant été remise à l'eau, il restait toujours l'odeur et des dizaines d'écailles du poisson partout sur sa couverture. Le lendemain matin, ce fut le grand nettoyage de son lit au complet. Angelo et moi avons bien ri de notre pauvre capitaine !

Comme nous étions en pleine mer et loin de tout (et que, avouons-le, je suis naturellement malchanceuse), j'ai développé une amygdalite qui s'aggravait à vue d'oil. Que faire ? Nous avons utilisé la technologie disponible à bord et avons envoyé un message par ondes radio à mon médecin de Cap-Rouge (Québec) pour lui demander conseil. Il me propose de prendre des antibiotiques. Heureusement, le Whistler est équipé. pour traiter les chiens. Angelo le vétérinaire ne voyage jamais sans sa trousse dans l'espoir de sauver un animal en détresse. Cette fois, la bête s'appelait Pascale. Fort heureusement, grâce au traitement canin, j'étais complètement rétablie après 5 jours et prête à partir à la découverte de la mystérieuse île de Pâques.

~ Pascale



26 février au 4 mars 2007 autour de l'île de Robinson Crusoé et départ pour l'île de Pâques
20-24 février 2007 Visite de l'île de Robinson Crusoé
 
11-18 février 2007 : Les premiers jours en mer

Nous étions finalement prêts à quitter Puerto Montt le dimanche 11 février, mais la météo ne voulait pas collaborer puisqu'elle prévoyait le passage d'un front froid pour le mardi, apportant avec lui des vents du nord et d'ouest. En attendant une météo plus favorable, nous en avons profité pour compléter notre réserve de provisions : nous avons dû effectuer quatre voyages à trois supermarchés différents pour obtenir tout ce que nous avions mis sur notre liste d'épicerie.

Mardi, je suis allé au bureau de la Garde Côtière pour nous faire délivrer un Zarpe (autorisation de naviguer) pour l'archipel chilien de Juan Fernandez. Le Zarpe prévoyait un départ pour jeudi, ce qui nous semblait prometteur selon les cartes météo. Nous n'avons pas été déçus puisque les nuages se sont dissipés jeudi matin et qu'un magnifique ciel bleu nous invitait à larguer les amarres et à partir pour le large.

En fait, nous avons passé le premier jour de croisière dans les eaux intérieures du Golfo de Ancud, une introduction qui tombait à point pour mon ami Angelo qui est sujet au mal de mer. Nous avons donc utilisé le moteur pour nous déplacer jusqu'à un ancrage situé tout juste avant le redoutable Canal de Chacao, un bras de mer qui sépare l'île de Chiloé (Chili) du continent. En raison de forts courants qui peuvent atteindre 8 noeuds, il faut franchir ce canal à la faveur de la marée descendante. Nos amis français sur le voilier Chtimagine ont quitté la marina de Puerto Montt en même temps que nous et ont jeté l'ancre juste à côté de notre voilier à la fin de l'après-midi. Nous avons invité toute la famille, Pierre et Nathalie, ainsi que leurs deux enfants, Nicolas et Maiva, à un souper au spaghetti arrosé de 2 bonnes bouteilles de rouge chilien.

Le lendemain, nous avons pu nous lever assez tard puisque nous devions attendre la marée de midi pour nous entraîner au large. Comme prévu, le courant a changé de direction juste après midi et nous a propulsés vers le large à une vitesse de plus de 10 noeuds (18.5 km/h). À mesure que nous approchions du grand large du Pacifique, la houle se faisait de plus en plus forte, jusqu'à atteindre une dizaine de pieds (3 m). Après une brève conversation avec le gardien du phare de la Garde Côtière pour confirmer nos données de navigation et notre heure estimée d'arrivée à destination, il était temps de mettre le cap en direction nord-ouest, et comme le vent nous venait du sud-ouest, il était temps aussi de dresser les voiles. J'ai donc demandé à Pascale si elle voulait hisser la voile principale ainsi que la voile d'étai : elle me fit signe que oui même après lui avoir offert de le faire moi-même, compte tenu de la nature aléatoire des vagues dans ce bras de mer peu profond. Elle s'est avancée et a commencé à tirer sur la drisse (cordage qui sert à hisser une voile). Étant donné la taille fine de Pascale, qui doit peser 120 livres (54 kg) tout habillée et mouillée, elle devait littéralement se pendre à la drisse pour hisser la voile principale.

Elle a finalement réussi à la hisser au complet à l'aide du treuil à 2 vitesses. Ensuite, elle a contourné le mât pour faire la même chose avec la voile d'étai. Aussitôt ces deux opérations terminées, j'ai remarqué que son teint prenait une coloration verdâtre et sans avertir, elle a vomi le déjeuner que nous avions pris quatre heures auparavant, ainsi que le maïs soufflé qu'elle avait mangé pensant que c'était bon pour prévenir le mal de mer. Le pire, c'est que c'est arrivé du mauvais côté du bateau, face au vent. Soumise aux forces d'un vent contraire, la vomissure a été projetée hors bateau pour revenir et à mon grand désespoir, couvrir une section de 2 m du pont que j'avais lavée tout récemment. L'odeur et l'esthétique de la situation m'ont fait prendre conscience de mon erreur d'avoir demandé à un membre vert (dans les deux sens du terme - son teint et son inexpérience) de l'équipage de hisser les voiles dans les vagues irrégulières d'un bras de mer, spécialement après avoir ingurgité trois sacs de maïs soufflé. Après avoir réconforté Pascale et l'avoir placée dans sa couchette, je me suis mis au travail pour débarrasser le pont de ce repas à demi digéré.

Après quelques heures, nous sommes finalement arrivés en haute mer et l'action des vagues est devenue quelque peu supportable. Même Angelo, mon ami et coéquipier enclin au mal de mer a décidé qu'il était sage de tenter de sortir de sa couchette. Au coucher du soleil, Pascale était tellement malade que c'était évident qu'Angelo et moi allions devoir nous partager les quarts de veille pour la nuit à venir. Ce fut une longue nuit : sans lune pour éclairer notre direction et encore plus de houles que de pression du vent dans la voilure, ce qui soumettait le bateau à un violent roulis. Ce fut une nuit où l'on se demande dans quoi l'on s'est embarqué et où l'on voudrait avoir eu comme ambition autre chose que de naviguer sur les sept mers.

Au lever du jour, le capitaine et son ami Angelo qui n'a pas le pied marin et qui avait encore le teint verdâtre étaient soulagés d'avoir survécu à leur première nuit en mer. Vers midi, à ma grande surprise, Pascale se sentait suffisamment rétablie pour marcher de façon cohérente et être de quart. À l'heure du souper, sa guérison remarquable était presque complète, si bien que nous avons pu diviser la nuit en 3 quarts de veille de 3 heures chacun. Cette nuit-là, je me suis effondré dans ma couchette beaucoup moins inquiet de l'avenir que la nuit précédente, tout en réfléchissant à quel point mes deux amis étaient courageux. Ils savaient qu'ils auraient le mal de mer, mais ils ont tout de même accepté avec empressement et sourire mon offre de participer à cette aventure et de faire cette croisière avec moi. Ils savaient qu'il y aurait de durs moments à passer; tout comme moi, ils ont ressenti la même peur à chaque fois que je prends la mer pour une longue traversée - la peur de l'inconnu, de la puissance de la nature, de l'océan. Ils ont ressenti cette peur, mais ils sont quand même partis avec moi. C'est ce que j'appelle du courage.

~Eric


2007-02-16 : Les derniers préparatifs avant le grand départ (Pascale Otis)

Nous voilà à quelques instants avant le grand départ pour le Pacifique. Il nous manquait encore bien des choses avant de pouvoir monter les voiles et dire au revoir à nos amis de Puerto Montt. Ce qui nous manquait de plus précieux était Angelo, notre troisième membre de l'équipage. Le pauvre est arrivé avec des valises remplies de choses tout aussi hétéroclites que dans mes propres bagages : pièces de bateau, équipement de tournage, appareils photo, vêtements de voile de notre commanditaire Chlorophylle, etc. Il a même réussi à nous apporter du sirop d'érable et du sucre à la crème sans se faire poser trop de questions aux douanes.

L'équipage était donc complet. Maintenant, il fallait aller faire ce que l'on craint tous à chaque expédition : l'épicerie. Il ne faut rien oublier. Nous ne prévoyons pas être en mer plus de 2 semaines sans toucher terre, mais on ne sait jamais. Il vaut mieux prévoir pour les pires conditions de navigation. Nous avons donc acheté assez de nourriture pour survivre pendant 6 semaines. Malheureusement, je crois bien que mes réserves de chocolat ne tiendront jamais le coup avec Eric et Angelo.

La plus grande contrainte demeure l'espace de rangement qui est très limité sur le Whistler. La nourriture doit également être rangée à différents endroits pour éviter qu'elle se fasse tout mouiller lorsque le voilier penche par forts vents. Tout ce qui est étanche et que l'on peut mouiller se fait ranger dans la cale ou le long de la coque. Le reste doit être placé au centre du voilier, loin de la coque. À notre retour du supermarché, j'ai été élue l'heureuse responsable du rangement. Si Angelo et moi avions laissé Eric accomplir cette tâche, nous aurions sans doute retrouvé des conserves dans les endroits les plus étranges et il aurait bien sûr oublié où il avait rangé tous ces items : Eric est un véritable écureuil! J'ai donc laissé les garçons réparer le fil du radar qu'Eric avait coupé en essayant sa nouvelle scie sauteuse sur le pont (sans commentaires.). Pendant ce temps, j'effectuais le rangement de toute notre nourriture à l'intérieur.

Le plus étonnant était que tout entrait. Mais il nous restait encore à aller au marché pour acheter les produits frais (fruits et légumes). Rien de plus simple : nous montons à bord du voilier de notre ami Coco et nous nous rendons au quai du village avec lui. Là, on trouve de tout. Et comme Coco est un chef cuisinier bien connu dans la région, il se fait offrir de nous faire goûter d'étranges créatures marines. On ne sait toujours pas ce que l'on a mangé, mais c'était excellent !

Pendant cette folle journée, la caméra nous suit partout pour immortaliser chaque moment sur film. Vous ai-je dit que nous filmons notre traversée ? Je vous en reparlerai très bientôt, c'est promis.

Ça y est, nous avons presque tout. Nous sommes presque prêts à partir. Nous avons toute la nourriture dont nous avons besoin, toutes les caméras, la scie sauteuse est rangée, le fil du radar est réparé, . nous n'attendons que les bons vents pour lever les voiles (et prendre une dernière bonne douche avant longtemps)!

~Pascale


29 janvier - 4 février, 2007, Éric Privé

J'ai finalement pu trouver du temps pour écrire mon journal de bord. Nous venons de passer une période un peu folle pour préparer le bateau. Pascale est arrivée il y a quelques jours du Canada et s'est adaptée vraiment vite à l'Amérique du Sud. Même si elle ne parle pas espagnol, peut-être un peu par timidité, elle n'a pas de problème à comprendre ce qui se dit.

Dimanche, nous avons fait une sortie en mer avec le Whistler jusqu'à un mouillage pas très éloigné. C'était une journée magnifique: le soleil resplendissait, le ciel était clair et on pouvait apercevoir en arrière-plan les deux volcans, l'Osorno et le Calbucco. Une mise en scène parfaite pour toutes les photos prises par Pascale. Entre deux séances de photos, j'ai pu glisser quelques notions de navigation à Pascale: elle les apprend et les assimile rapidement. De plus, nous nous sommes très bien entendus sur terre et sur le bateau, ce qui augure bien pour l'avenir. Un voilier est un espace très restreint pour passer de longs séjours en mer et il est impératif de bien choisir nos coéquipiers. J'ai eu quelques mauvaises expériences dans le passé, ce qui m'a enseigné quelques bonnes leçons à ce propos.

Pendant notre petite sortie d'essai, un vieux et fidèle compagnon a rendu l'âme: Zap, mon inverteur de 1000 watts a décidé d'abandonner et de me laisser tomber. Un inverteur est un appareil électronique qui convertit le courant continu (DC) provenant d'une source à 12 volts en un courant alternatif (AC) à 120 volts. Ce courant alternatif sert à alimenter nos appareils électroniques (ordinateurs, chargeurs de piles pour caméras et appareils photo, iPod, etc.) dont le nombre a tout à coup augmenté à l'arrivée de Pascale. La défection de cet appareil indispensable survient donc comme une catastrophe à l'arrivée de mes nouveaux compagnons de voyage. Il fallait que je fasse quelque chose! J'avais le choix entre trois solutions: me débarasser de mon nouvel équipage, suivre un cours de 2 ans sur la réparation d'appareils électroniques, ou acheter un nouvel inverteur. J'ai donc opté pour la dernière solution, mais comme le réseau électrique du Chili utilise du 220 volts, j'ai dû importer l'inverteur. J'ai donc téléphoné à mon magasin favori de matériel maritime au Canada et heureusement ils avaient ce que je désirais en inventaire. J'ai fait expédier l'inverteur d'urgence à Angelo, qui devait quitter Québec le 6 février. Un autre item à ajouter à ses bagages...

Mardi, j'ai travaillé à mettre à jour ma liste de tâches pendant que Pascale s'est affairée à mettre un peu d'ordre dans les armoires et les placards. Un travail colossal qui l'a tenue occupée pendant plus d'une semaine. Je lui étais reconnaissant pour ce travail, surtout quand elle a découvert quelques items que j'avais considéré comme perdus. Le seul problème, c'est que ça m'a pris quelques jours pour trouver où les choses avaient été relocalisées.

Jeudi, mon bon ami chilien, Christian, accompagné de quelques-uns de ses amis, a organisé une fête pour souligner mon anniversaire à sa maison située sur l'île en face de la marina. Une soirée mémorable accompagnée de plats et de vins locaux. Le lendemain, sentant le poids de mes 39 ans, je dois dire que la liste de mes tâches a diminué un peu moins rapidement.

Le week-end terminé, nous nous sommes remis à l'ouvrage: nous avons pu éliminer certains items de la liste des tâches, puis d'autres se sont ajoutés provenant en grande partie du sens de l'organisation incroyable de mon nouvel équipage.

~Eric


2007-01-29 : Je suis enfin arrivée au Chili ! [Pascale Otis]

Me voilà au Chili depuis déjà presque 2 semaines. En arrivant à Santiago où Eric est venu me rejoindre, je me suis exclamé « enfin ! ». J'avais tellement travaillé ces dernières semaines pour mettre en ligne le site Internet et préparer mon départ que je ne pouvais qu'être soulagée de constater que le moment de partir pour la traversée du Pacifique était bel et bien arrivé.

J'ai quitté Québec avec 4 valises, ce qui constituait en soi un exploit : un kayak gonflable, diverses pièces pour le voilier, des livres plus lourds les uns que les autres, un ordinateur portable ainsi que 2 disques durs externes, 3 caméras, une caisse de savons et de shampooings de la compagnie Olivier qui nous ont fourni tous les produits pour un an d'expédition, de l'équipement de camping, une boîte de chocolat sans laquelle je ne saurais survivre, du sirop d'érable, du Nutella . et quelques vêtements. Il fallait que tout rentre, sans dépasser la limite de poids permise à l'aéroport. Pour tout immortaliser, mon ami Simon C. Vaillancourt me suivait partout avec sa caméra pour filmer les derniers instants.

Bien entendu, le jour de mon départ, il manquait encore bien des choses qui avaient été commandées à la dernière minute et qui ne sont pas arrivées à temps. Les vêtements commandités par la compagnie Chlorophylle, une caméra vidéo, une lentille grand-angle, une carte pour le téléphone satellite, des livres, etc. Et, une fois sur le voilier, je me suis rendue compte que j'aurais dû emmener bien des choses que j'ai choisi de laisser derrière. Par chance, Angelo vient nous rejoindre dans une semaine et il pourra emmener les quelques pièces manquantes que mon père s'efforce de rassembler pour moi.

Eric et moi avons passé 4 jours à Santiago avant de reprendre l'avion pour Puerto Montt. J'étais impatiente de voir le voilier sur lequel j'allais passer les passer les prochains mois. J'avais aussi très hâte de gonfler mon kayak tout neuf pour aller l'essayer dans la baie. Malheureusement, une fuite très importante, causée par un défaut de fabrication, rend son utilisation impossible. Voilà un premier problème auquel il faut trouver une solution. Il faut faire venir une pièce de la compagnie. Une solution d'apparence simple qui se complique par le simple fait que nous sommes en Amérique du Sud et que tout bien envoyé par la poste peut prendre une éternité et qu'il risque de se faire bloquer aux douanes. Nous verrons dans une semaine.

Puisque nous ne pouvions pas faire de kayak, j'ai concentré mon énergie sur le voilier, en particulier sur l'intérieur qui avait besoin d'un sérieux nettoyage. Imaginez un peu un bateau habité par 2 hommes. Imaginez maintenant un peu ce que pense la fille qui vient se joindre à l'équipe en voyant le désastre caché derrière chaque armoire. quelle honte, les gars !

Mais ne vous en faites pas. Je vais survivre. Ma mère, par contre, a failli ne pas survivre à mon départ. Je vous laisse lire comment elle a vécu les derniers instants avec sa fille.

~ Pascale

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2007-01-23 : Eric Privé

Ouf !! J'avais oublié ce que ça voulait dire préparer Whistler pour un long voyage. Après l'avoir remis à l'eau en décembre, j'ai passé quelques jours à le remettre en ordre pour 2 petites croisières de 4 jours dans la baie Reloncavi, le long de la Cordillère des Andes. Ces 2 croisières m'ont permis de découvrir quelques petits problèmes et d'établir une liste de travail à faire avant de partir pour le Pacifique Sud à la mi-Février. La liste a commencé avec 25 items et incluait des améliorations, des réparations et de la maintenance. Mais plus les jours avançaient, plus je découvrais des nouvelles choses à réparer ou à améliorer. À chaque item que je rayais de ma liste, un nouveau s'ajoutait. Ce qui veut dire qu'après 3 semaines à travailler sur cette liste, elle comprend encore 25 items. Heureusement, cette semaine, je pense pouvoir la réduire à 20. Vous vous demandez peut-être quelles sortes de trucs sont sur ma liste. En voici quelques exemples :

  • Ajouter un support pour le nouveau réservoir à diesel de 360 litres. Cela va garder le réservoir en place par mauvais temps. 360 litres pèsent plus de 250 kilogrammes. Avec le mouvement du liquide à l'intérieur, ça peut créer un énorme impact à chaque vague
  • Rajouter un câble de sécurité pour empêcher les 3 grosses batteries de sortir de leur boite dans une tempête
  • Brancher les tuyaux de plomberie au réservoir d'eau chaude qui a été déplacé pour faire de la place au nouveau réservoir de diesel.
  • Réparer le deuxième alternateur
  • Nettoyer et lubrifier les 9 winchs qui servent à monter les voiles
  • Réparer le pneumatique qui a une fuite d'air
  • Faire réparer l'ordinateur principal
  • Faire la maintenance du moteur (huile à moteur, huile à transmission, filtre à diesel, pompe de refroidissement, ajuster les valves, etc.)

Comme vous pouvez voir, pour assurer une certaine autosuffisance et pour minimiser le coût annuel, c'est important d'être un homme à tout faire. Il faut non seulement apprendre la navigation, mais on doit aussi devenir un mécanicien, un électricien, un plombier, un peintre, un informaticien, etc. Bien souvent on apprend au fur et à mesure que les problèmes surviennent. On demande conseil aux autres marins, aux gens que l'on rencontre. Cet apprentissage continu nous permet d'évoluer, de nous améliorer à chaque semaine et bien sûr apporte une certaine satisfaction personnelle.

A plus tard mes amis, je dois retourner me faufiler entre le réservoir de diesel et le moteur pour finir l'item 1.

~Eric

©2007-2008 Defi Quebec Monde, Pascale Otis