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17 janvier 2007 : Le grand départ de Pascale selon maman
C'est aujourd'hui le grand départ de Pascale. Dès 6 heures du matin
elle se rend à Radio-Canada pour un entrevue à la radio .
Aux environs de 11 heures, arrive Simon le cameraman. Après le
traditionnel dîner au pâté chinois quand il nous visite, il commence
à déplacer les meubles et à essayer de placer sa caméra pour obtenir
un fond facilement modifiable avec le plus de lumière possible. Rien
n'arrête ce jeune homme. Il va même jusqu'à balayer la haie de cèdre
afin de ne plus y voir les taches de neige. Comme Pascale est très
occupée, il se sert donc de la mère comme potiche pour prendre la
pose. Lève, assis, avance, recule, plus à droite, plus à gauche,
enfin, deux heures plus tard tout semble parfait.
La vedette du jour s'installe à l'endroit privilégié et parle, parle,
jase, jase. Tout autour doit être silence. Même le réfrigérateur
doit se taire. Quoi faire en attendant à part se réfugier dans sa
chambre et d'essayer de faire une sieste.
On sonne à la porte. Un instant, un instant dit le gars à la
caméra. Il me faut filmer ça. Il enlève la caméra du trépied et se
la met sur l'épaule. Pendant ce temps, le livreur de FEDEX tient
deux grosses caisses de savons Olivier dans ses bras et attend patiemment qu'on veuille
bien lui ouvrir la porte. Quand il entre enfin, il est bien surpris
de voir la grosse caméra. " Est-ce que je vais passer à la télé?".
"Allez-vous montrer ça à mon patron pour qu'il voit que je fais bien
mon travail ?". Parfait monsieur, vous faites un travail
excellent ! Merci.
Vient l'heure de peser les 4 immenses bagages. Fait, défait, change
de sacs. Pèse, repèse et pèse encore, c'est toujours trop lourd.
Impossible d'en enlever. Enfin, je paierai un supplément dit Pascale
car c'est impossible de n'avoir que 50 lbs par sac.
Arrive le dernier souper qui sera véritablement la dernière scène
filmée à la maison. Soudain le téléphone qui s'était fait silencieux
depuis quelques minutes se met à sonner. C'est l'aéroport, Pascale
doit devancer son vol. Au lieu de partir à 8 heures moins 10, elle
doit prendre le vol de 6 heures 20. Il est exactement 5 heures 20 et
le souper vient d'être servi. Quelques bouchées en catastrophe, puis
c'est le départ pour l'aéroport.
Ça prend les 2 voitures pour contenir tous les bagages. Une fois
rendus à l'aéroport, on se range près de la porte, charge 3 chariots
et c'est parti pour la course au comptoir d'Air Canada. Pascale en
avant au pas de course, Simon la suit de près avec un chariot chargé
avec la caméra qui filme installée au-dessus d'un sac. La mère qui
suit avec peine et misère et le père qui pousse son chariot en
ruminant qu'il n'a pas stationné la voiture. Comble de malheur, le
comptoir des départs est déménagé à l'autre bout de l'aéroport.
L'aéroport est en réaménagement complet, c'est le bordel partout.
Cours, cours, cours, tout le monde regarde ces hurluberlus qui se
pressent avec une caméra derrière une personne qui semble vouloir se
sauver.
Enfin le comptoir des billets. Pesée des sacs. La dame semble
découragée. 62 livres, ça dépasse qu'est-ce qu'on fait... Elle
prend connaissance du laisser-passer de Presse que Pascale lui tend.
Enfin, c'est correct allez-y, ça presse l'embarquement est fait.
Vite,vite.
C'était oublier les gens à l'inspection des bagages. Comme les sacs
contenaient plein de choses hétéroclites et avec lesquelles les gens
ne voyagent pas habituellement comme des câbles de bateau, un kayak
gonflable avec ses avirons et pire encore, alors il faut ouvrir. Il
faut d'abord déficeler les sacs puis sortir les objets mis avec tant
de soin afin que tout l'espace soit utilisé au maximum et que les
sacs soient bien balancés.
"Madame Pascale Otis est demandée au comptoir des billets " crie le
micro. Erreur, il faut tout recommencer, car on vous envoyait à
Buenos Aires au lieu de Santiago. On a oublié de modifier le billet
tel que demandé.
On arrache les tickets des sacs. Les préposés décident d'apporter
les nouveaux tickets, car c'est trop compliqué de retourner ces
immenses sacs au comptoir.
Une nouvelle carte d'embarquement se prépare pendant que le téléphone
sonne. C'est Pierre Lamarche de Radio-Canada qui veut une entrevue
en direct pour son émission Desautels. La généreuse Pascale
accepte. La mère attend toujours près de l'autre poste de sécurité
avec les énormes bagages à main qu'elle ne peut soulever que Pascale
lui a laissé lorsqu'elle a dû retourner au comptoir. Que se passe-t-
il ? Elle va manquer son avion. La fouille des sacs continue.
Pascale est rendue dans un coin avec le téléphone cellulaire de
Simon. Simon filme toujours. Il va de l'un à l'autre. Les gens
regardent. Quelqu'un de la sécurité vient demander à la mère si on
fait un film sur la personne avec le manteau rouge.
Avec beaucoup de difficulté, la mère réussit à mettre le lourd sac à
dos puis la caméra et le sac à main de Pascale sur un chariot. Elle
peut enfin se rendre près des autres afin de savoir les dernières
nouvelles.
Pascale prendra le vol de 18h45 pour Montréal puis celui de Toronto
vers Santiago. Ouf ! On va y arriver. Gros bisous puis c'est le
passage à la sécurité des bagages à main. Pascale disparaît si vite
qu'on ose à peine croire que le tout s'est fait sans problème. Un
préposé va vérifier et confirme qu'elle a passé.
Mais le caméraman n'est pas encore satisfait. Il veut encore des
images. Tournez le coin et vous pourrez peut-être encore la voir.
Et la course reprend de plus belle derrière le grand frisé. Passe le
coin-repas puis on se retrouve dans un endroit plutôt désert où on
effectue des travaux. Retour à la case départ où le chasseur
d'images insiste pour avoir le feeling des parents.
Enfin, c'est le départ. Il fait -23 degrés dehors avec des vents.
Mais où sont donc nos voitures ? Ni l'un, ni l'autre ne se rappelait
où était garé sa voiture. Cherche, fait le tour du stationnement.
Simon a remonté son capuchon. Il tient sa caméra comme il peut avec
ses mains nus. Plusieurs minutes plus tard. Les pieds et les mains
de la mère gelés, le père trouve enfin la voiture. Vite dit le père
car il faut aller au concert. Et c'est parti. Pauvre Simon,
j'espère qu'il a fini par trouver sa voiture.
Quelle vie, celle de Pascale ! Mais celle de l'entourage alors ?
~Maman
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